Remplacer ses fenêtres, c’est un chantier qui se décide rarement sur un coup de tête. Entre le choix du matériau, le type de pose, les contraintes réglementaires et le budget, les questions s’accumulent vite. L’aluminium gagne du terrain depuis une dizaine d’années, en neuf comme en rénovation. Mais est-ce toujours le bon choix ? Et surtout, quels sont les points à vérifier avant de signer un devis ?
Pourquoi l’aluminium s’impose en menuiserie extérieure
L’aluminium utilisé en menuiserie est un alliage léger, rigide et insensible à la corrosion. Il ne rouille pas, ne gonfle pas, ne se fend pas. Un nettoyage à l’eau savonneuse une fois par an suffit à le maintenir en état. Sa durée de vie dépasse 40 ans avec un traitement thermolaquage certifié Qualicoat, ce qui le rend particulièrement adapté aux zones côtières, urbaines ou à forte exposition.
Son avantage principal par rapport au PVC : la finesse des profilés. Un montant aluminium peut descendre à 50 mm de large là où le PVC exige 70 mm ou plus. Résultat : davantage de surface vitrée, plus de lumière, et une esthétique nette qui convient aussi bien aux bâtiments contemporains qu’aux rénovations de maisons anciennes. L’alu autorise aussi des dimensions que le PVC ne peut pas atteindre : grandes baies vitrées, fenêtres à galandage, murs rideaux.
C’est ce qui explique la montée en gamme du marché de la pose de fênêtres aluminium, portée par des fabricants français qui proposent désormais de la fabrication sur mesure configurable en ligne, avec des profilés à rupture de pont thermique conformes à la RE 2020.
Performance thermique : les chiffres à connaître
Le principal reproche historique fait à l’aluminium était sa conductivité thermique. C’était vrai il y a vingt ans. Aujourd’hui, tous les profilés de qualité intègrent un rupteur de pont thermique en polyamide ou en mousse isolante, qui coupe la conduction entre la face intérieure et extérieure du cadre.
En pratique, une fenêtre aluminium à rupture de pont thermique équipée d’un double vitrage 4/16/4 avec gaz argon atteint un coefficient Uw de 1,3 W/m².K. C’est le seuil généralement retenu pour la conformité RE 2020 en maison individuelle neuve. Avec un triple vitrage, on descend sous 1,0 W/m².K. Le facteur solaire Sw, qui mesure la capacité de la fenêtre à laisser entrer la chaleur du soleil, reste élevé sur les profilés aluminium fins : c’est un avantage en hiver pour limiter les besoins de chauffage, mais il faut le compenser en été par des protections solaires (volets, BSO, stores extérieurs) pour éviter la surchauffe.
Pour aller plus loin sur la réglementation, le site du ministère de la Transition écologique détaille les exigences de la RE 2020 applicable depuis le 1er janvier 2022 aux bâtiments neufs.
Pose en neuf ou en rénovation : deux logiques différentes
Pose en neuf (ou en tunnel)
La fenêtre s’insère dans la maçonnerie brute, directement dans le tableau. L’épaisseur du dormant se choisit en fonction de l’isolation prévue (de 65 à 200 mm selon les fabricants). C’est la configuration qui offre les meilleures performances thermiques, car on maîtrise la continuité de l’isolation entre le mur et le cadre.
Pose en rénovation (sur ancien dormant)
Quand l’ancien bâti est en bon état, on conserve le dormant existant et on vient poser la nouvelle fenêtre par-dessus. C’est plus rapide et moins coûteux : pas de reprise de maçonnerie, pas de modification de l’enduit intérieur. En revanche, le clair de jour diminue légèrement puisque le nouveau cadre s’ajoute à l’ancien.
Dépose totale
Quand le dormant est vétuste ou que la maçonnerie le justifie, on retire tout et on repart à zéro. C’est la solution la plus performante en rénovation, mais aussi la plus lourde en main-d’œuvre. Elle est recommandée dès que l’ancien cadre présente des traces de pourrissement, de déformation ou de défaut d’étanchéité.
Les critères de choix qui comptent vraiment
Avant de comparer les devis, vérifiez ces points :
- Le coefficient Uw : visé à 1,3 W/m².K ou moins pour être conforme aux exigences RE 2020
- La certification NF ou Acotherm, qui atteste de performances testées en laboratoire (et non pas seulement déclarées)
- L’épaisseur du vitrage et le type de gaz (argon en standard, krypton pour le haut de gamme)
- Le type d’ouverture : battant à la française, oscillo-battant, coulissant, à galandage, chacun avec ses contraintes d’espace et d’usage
- La palette de coloris : l’aluminium se décline dans l’ensemble du nuancier RAL, y compris en bicolore (une teinte extérieure, une autre intérieure)
Entretien : ce qu’il faut faire (et ne pas faire)
L’aluminium est souvent vendu comme « sans entretien ». C’est presque vrai. Un nettoyage annuel à l’eau savonneuse suffit pour le cadre. Pas de lasure, pas de peinture, pas de traitement antifongique. En revanche, quelques gestes prolongent la durée de vie de la quincaillerie : lubrifier les charnières et les crémones une fois par an avec un spray silicone, vérifier l’état des joints périphériques (un joint déformé ou décollé dégrade l’isolation), et nettoyer les rails de coulissement si vous avez des baies coulissantes.
Évitez les produits abrasifs, les éponges métalliques et les solvants chlorés : ils attaquent le thermolaquage et accélèrent l’usure de la finition. En bord de mer, un rinçage plus fréquent (deux à quatre fois par an) élimine les dépôts salins avant qu’ils ne marquent la surface.
Quel budget prévoir ?
Une fenêtre aluminium coûte plus cher qu’une fenêtre PVC à dimensions égales. L’écart se situe entre 20 et 40 % selon la gamme. Pour une fenêtre deux vantaux standard en alu avec double vitrage performant, comptez entre 350 et 600 € posée en rénovation. En neuf ou pour des dimensions sur mesure, le tarif monte, mais la personnalisation (coloris, type d’ouverture, quincaillerie) justifie la différence.
Deux éléments atténuent le coût : d’abord, la durée de vie supérieure (40 ans contre 25 à 30 pour le PVC). Ensuite, les aides financières disponibles en rénovation énergétique (MaPrimeRénov’, éco-PTZ, CEE) qui s’appliquent dès lors que les menuiseries respectent les seuils de performance thermique et que la pose est réalisée par un artisan RGE.
Que vous construisiez ou rénoviez, le choix de vos menuiseries mérite qu’on y passe du temps. Prenez vos cotes, comparez les Uw, demandez des échantillons de coloris, et assurez-vous que le fabricant fabrique bien en France avec des profilés certifiés. C’est la meilleure garantie d’une pose réussie et d’un confort durable.

