La réponse en une ligne : 20 g par m³

Pour un traitement choc au chlore en granulés, comptez 20 g par m³ d’eau, sur une eau dont le pH est déjà réglé entre 7,2 et 7,4. Autrement dit : volume du bassin en m³ x 0,02 = quantité en kg. Concrètement :

  • Piscine de 30 m³ (8 x 4 m en moyenne) : 600 g de granulés
  • Piscine de 50 m³ (10 x 5 m) : 1 kg
  • Piscine de 60 m³ : 1,2 kg

Le tableau complet par volume est un peu plus bas. Et dans tous les cas, l’étiquette de votre produit prime sur cette règle générale : la concentration en chlore actif varie d’une référence à l’autre.

Si vous arrivez ici avec une eau verte et une baignade prévue ce week-end, vous avez déjà votre chiffre, vous pouvez filer au local technique. Pour les autres, je vous explique d’où vient cette valeur, pourquoi la moitié des sites que vous venez de consulter annoncent autre chose, et surtout dans quelles conditions ce dosage fonctionne vraiment. C’est une question qu’on me pose systématiquement dès les premières chaleurs, et je vois trop de bassins abîmés par des dosages copiés au hasard.

Calculer le volume de votre bassin

Le dosage est simple, c’est le volume qui piège tout le monde. On dose l’eau réellement contenue dans le bassin, pas les dimensions du terrain. La profondeur à prendre en compte est la profondeur moyenne : additionnez la profondeur au point le plus faible et au point le plus profond, puis divisez par deux.

  • Bassin rectangulaire : longueur x largeur x profondeur moyenne
  • Bassin rond : diamètre x diamètre x profondeur moyenne x 0,78
  • Bassin ovale : longueur x largeur x profondeur moyenne x 0,89

Un exemple que je donne souvent : une piscine de 8 x 4 m qui descend de 1,20 m à 1,80 m a une profondeur moyenne de 1,50 m, soit 8 x 4 x 1,5 = 48 m³. Arrondissez toujours au m³ supérieur, ici 50 m³ par sécurité de calcul : un léger excès dans cette fourchette ne pose aucun problème, alors qu’un sous-dosage vous fera recommencer le traitement de zéro.

Petite précision de terrain : mesurez la profondeur depuis la ligne d’eau réelle, pas depuis la margelle. Sur une piscine remplie aux trois quarts des skimmers, la différence peut représenter plusieurs m³ sur un grand bassin. Si votre bassin a un modèle constructeur connu, le volume figure aussi sur la fiche technique, c’est la valeur la plus fiable.

Calculez votre dose de chlore choc

Vérifiez les valeurs saisies : tous les champs doivent être des nombres positifs.

Valeurs indicatives pour un chlore choc standard en granulés (20 g par m³), sur une eau au pH réglé entre 7,2 et 7,4. L’étiquette de votre produit prime toujours sur ce calcul.

Dosage de chlore choc en granulés préparé au bord d'une piscine

Tableau de dosage par volume

Voici les quantités pour un traitement choc standard en granulés à 20 g/m³. La colonne pastilles correspond aux pastilles de chlore choc de 20 g, un format pratique quand on ne veut pas sortir la balance. Vérifiez sur l’étiquette que votre produit est bien un chlore choc non stabilisé et suivez ses proportions si elles diffèrent.

Volume du bassinQuantité en granulésÉquivalent en pastilles de 20 g
10 m³200 g10 pastilles
15 m³300 g15 pastilles
20 m³400 g20 pastilles
25 m³500 g25 pastilles
30 m³600 g30 pastilles
40 m³800 g40 pastilles
50 m³1 kg50 pastilles
60 m³1,2 kg60 pastilles
80 m³1,6 kg80 pastilles
100 m³2 kg100 pastilles

Pourquoi les dosages trouvés en ligne se contredisent

C’est le point qui m’a décidé à réécrire cette page. Faites le test : ouvrez cinq guides sur le chlore choc, vous allez lire cinq chiffres différents, et les écarts ne sont pas anecdotiques. Certains sites annoncent 1 à 2 g/m³, soit dix fois trop peu : à ce niveau, vous êtes sur une chloration d’entretien, le traitement choc n’aura simplement aucun effet sur une eau verte. D’autres publient 150 à 200 g/m³, soit dix fois trop : pour un bassin de 50 m³, cela représente 10 kg de chlore d’un coup, de quoi attaquer un liner et rendre le bassin inutilisable plusieurs jours.

Ces écarts ont trois explications, et les comprendre vous protège mieux que n’importe quelle règle apprise par cœur :

  • La confusion entre entretien et choc. La chloration d’entretien vise 1 à 3 ppm en continu ; le traitement choc monte volontairement bien au-delà, de façon ponctuelle, pour détruire algues et matières organiques. Des rédacteurs recopient l’un en croyant parler de l’autre.
  • La confusion entre ppm et g/m³. Le ppm mesure le chlore actif réellement dissous dans l’eau, le g/m³ mesure le produit que vous versez. Or votre produit n’est pas du chlore pur : verser 20 g de granulés dans un m³ ne donne pas 20 ppm de chlore actif. Mélanger les deux unités dans une même formule produit des chiffres absurdes.
  • La concentration variable des produits. D’une marque à l’autre, la teneur en chlore actif des granulés change sensiblement. Une règle générale calée sur un produit devient fausse avec un autre.

La valeur de 20 g/m³ correspond au traitement choc standard en granulés tel que le préconisent les notices des produits courants : assez concentré pour faire remonter brutalement le chlore et détruire la charge organique, assez mesuré pour redescendre en quelques jours sans agresser le revêtement. C’est la référence que j’applique sur le terrain. Mais je le répète à chaque fois, et je préfère le répéter une fois de trop : l’étiquette de votre fabricant prime toujours sur toute règle générale, précisément parce que la concentration en chlore actif varie selon les produits. Si votre bidon indique une autre proportion, c’est lui qui a raison pour ce produit-là.

Les 3 conditions sans lesquelles le dosage ne sert à rien

Sur les bassins que je vois repartir en eau verte une semaine après un choc, le problème n’est presque jamais la quantité de chlore. C’est l’une de ces trois conditions qui manquait.

1. Un pH entre 7,2 et 7,4 avant de verser quoi que ce soit

L’efficacité du chlore dépend directement du pH : plus l’eau est basique, moins le chlore désinfecte. Traiter une eau au pH mal réglé, c’est jeter une partie de votre produit. Testez, corrigez, puis seulement dosez le choc. Si votre pH est trop bas, je vous renvoie à mon guide pour remonter le pH de votre piscine avant de traiter.

2. Une filtration en continu pendant 24 à 48 h

Le chlore détruit les algues, mais c’est le filtre qui les évacue. Après le traitement, la filtration tourne sans interruption pendant 24 à 48 heures, jusqu’à ce que l’eau redevienne limpide. Profitez-en pour vérifier votre circuit : une pompe qui désamorce en plein traitement ruine l’opération, et je vous explique par ailleurs comment amorcer la pompe de votre piscine correctement. Vérifiez aussi que votre local technique dispose d'un disjoncteur différentiel adapté pour la pompe.

3. Un traitement versé après 20 h

Les UV dégradent rapidement un chlore choc non stabilisé. En traitant en soirée, le produit travaille toute la nuit sans être consommé par le soleil. Verser un choc à midi en plein été, c’est offrir une partie du traitement aux UV avant même qu’il ait agi.

Mon conseil de pro : ne versez jamais les granulés directement dans le bassin. Dissolvez-les dans un seau d’eau tiède prélevée dans la piscine, puis versez lentement le mélange devant les buses de refoulement, filtration en marche. Des granulés qui stagnent au fond, c’est le meilleur moyen de décolorer un liner par contact direct. Gants et lunettes pendant la manipulation, et on stocke le produit au sec, à l’abri de la lumière, jamais à côté d’un autre produit chimique.

Les erreurs qui coûtent cher

Trois erreurs reviennent sans arrêt, et les trois se paient soit en produit gâché, soit en revêtement abîmé, soit en santé.

  • Le surdosage “pour être sûr”. Doubler ou tripler la dose ne désinfecte pas mieux : cela blanchit les liners, fragilise les joints, irrite peaux et yeux, et vous prive de baignade plus longtemps, le temps que le chlore redescende. Si un choc bien conduit ne suffit pas, le problème est ailleurs, en général du côté du pH ou de la filtration.
  • Le chlore choc sur une piscine au brome. Les deux traitements sont incompatibles : sur un bassin traité au brome, on utilise un choc compatible avec ce traitement, jamais du chlore choc classique. Vérifiez votre traitement de fond avant d’acheter le produit.
  • La baignade trop précoce. Après un choc, le taux de chlore est volontairement très élevé. On ne se baigne pas tant que le taux n’est pas redescendu sous 3 ppm, mesuré avec vos bandelettes ou votre testeur, ce qui prend en général un à plusieurs jours selon l’ensoleillement et le volume. Le calendrier ne décide pas, la mesure oui.
Contrôle de l'eau d'une piscine après un traitement au chlore choc

Dernier point : si votre eau est déjà franchement verte, le chlore choc est le traitement de référence, mais quelques gestes préparatoires accélèrent nettement le résultat. J’ai détaillé le protocole complet dans mon article sur le rattrapage d’une eau de piscine verte : brossage, nettoyage du filtre et choc s’enchaînent dans un ordre précis.

FAQ

Quelle quantité de chlore choc pour une piscine de 50 m³ ?

1 kg de granulés, soit 20 g/m³, sur une eau dont le pH est réglé entre 7,2 et 7,4, avec filtration en continu pendant 24 à 48 h. L’équivalent en pastilles de 20 g : 50 pastilles.

Quelle différence entre chlore choc et chlore d’entretien ?

Le chlore d’entretien, souvent stabilisé, maintient 1 à 3 ppm en continu pour une désinfection permanente. Le chlore choc, non stabilisé, monte ponctuellement bien au-delà pour détruire algues et contamination, puis redescend en quelques jours. Les deux dosages n’ont rien à voir, et c’est justement leur confusion qui explique une partie des chiffres fantaisistes publiés en ligne.

Combien de temps attendre avant de se baigner ?

Tant que le chlore mesuré n’est pas redescendu sous 3 ppm, on ne se baigne pas. Selon le volume, la température et l’ensoleillement, cela prend d’une journée à plusieurs jours. Fiez-vous à la mesure, jamais à une durée fixe.

Le chlore choc peut-il abîmer un liner ?

Oui, dans deux situations : un surdosage massif, comme les 150 à 200 g/m³ qu’on croise encore sur certains sites, ou des granulés versés directement au fond du bassin sans dissolution préalable. Au bon dosage, dissous dans un seau et versé filtration en marche, le risque est maîtrisé.

Les algues reviennent une semaine après le choc, pourquoi ?

Dans la grande majorité des cas : pH mal réglé au moment du traitement, filtration arrêtée trop tôt, ou filtre saturé qui relargue ce qu’il a capté. Reprenez les trois conditions dans l’ordre, testez le pH, relancez un choc au bon dosage et laissez filtrer 48 h.

Et pour le chlore choc liquide, quel dosage ?

La règle des 20 g/m³ vaut pour les granulés. Le chlore choc liquide, à base d’hypochlorite, se dose en litres par m³ et sa concentration varie fortement d’un produit à l’autre, bien plus que pour les granulés. Il n’existe donc pas de règle générale fiable : c’est le cas typique où l’étiquette du bidon est la seule référence valable. Ce format, courant chez les professionnels, s’utilise surtout avec une pompe doseuse ; pour un traitement choc manuel de particulier, les granulés restent le format le plus simple à doser juste.

Peut-on faire un traitement choc avec des galets de chlore ?

Non, et c’est une confusion fréquente. Le galet classique est un chlore lent stabilisé, conçu pour se dissoudre sur plusieurs jours dans le skimmer : il assure l’entretien, pas le choc. Pour un traitement choc, il faut un produit à dissolution rapide, en granulés ou en pastilles de 20 g, à raison d’une pastille par m³ d’eau. Si vous n’avez que des galets sous la main, ils ne rattraperont pas une eau verte, quelle que soit la quantité.